Pouvoir d’achat, inflation et croissance au cœur de la Commission des finances

Hier, nous auditionnions en Commission des finances l’INSEE et l’OFCE, sur leur analyse du pouvoir d’achat, de l’inflation et de la croissance économique française.Les conclusions sont les suivantes : la baisse du pouvoir d’achat des Français, continue depuis un an, ayant atteint – 0,6% au premier trimestre 2018 est directement due aux choix fiscaux du Gouvernement qui a décidé d’augmenter les prélèvements depuis sur la grande majorité de nos concitoyens (augmentation de la CSG non compensée pour les retraités, en partie seulement pour les travailleurs indépendants et les fonctionnaires, et compensé totalement uniquement en octobre pour les salariés – alors que l’augmentation de la CSG pour tous c’était en janvier…- ; augmentation massive et continue depuis 2018 et jusqu’en 2022 de la fiscalité sur le carburant ; baisse de la PAJE, etc.).

La perspective de l’impôt à la source, par lequel la fiche de paye de janvier 2019 sera directement rognée pour les 46% de foyers payant cet impôt, devrait accentuer cette contraction du pouvoir d’achat.

Il faut évidemment ajouter que l’inflation sur les prix de l’énergie et de l’alimentation à +2,5% (taux le plus haut depuis 2012), dépenses incompréhensibles pour la grande majorité de Français, renforce cette baisse de pouvoir d’achat.

Et la désindexation des pensions et allocations familiales en 2019 par rapport à l’inflation, reviendra encore à diminuer le pouvoir d’achat de ces catégories de Français.

Parallèlement, la croissance française est l’une des plus faibles de la zone euro, puisque l’Allemagne est à +0,5% au premier trimestre, l’Espagne à +0,6%, la France est quant à elle à seulement +0,2%, l’Italie étant entre +0,2 et +0,3%.

Qu’est ce que cela signifie ? Que les choix fiscaux du Gouvernement n’ont pas été les bons, à la fois pour le pouvoir d’achat des Français et pour notre croissance.

Pourquoi ?

Parce que le Gouvernement a oublié que la croissance en France était essentiellement et directement liée au pouvoir d’achat de nos concitoyens, et beaucoup moins directement aux baisses fiscales sur les entreprises (PFU). Le Gouvernement a fait le choix des seconds au détriment des premiers, il n’a pas pu aider les deux, car il n’a réalisé aucune économie éclairée de notre dépense publique.

Les mesures de pouvoir d’achat qui arrivent, comme la suppression de la taxe d’habitation pour une partie seulement de nos concitoyens, n’aura pas un impact positif aussi fort que les hausses de prélèvement, car l’effet réel et psychologique est bien « ce qui me reste à la fin du mois ». En outre, cela risque d’être un leurre, car comme il n’y a aucune économie, il va bien falloir compenser cette taxe d’habitation… en revanche, on ne sait pas encore sur quelle catégorie de la population pèsera cette compensation.