Réalités sur la hausse du carburant

Cela fait plus d’un an qu’avec mes collègues de la Commission des Finances, toutes oppositions confondues, nous dénonçons ces choix de fiscalité punitive, qui ne servent en rien à réellement démarrer une transition écologique majeure, mais juste à renflouer les caisses d’un État qui ne parvient à réaliser des économies, et continue donc à augmenter les prélèvements sur certaines catégories de Français : les automobilistes sont les premiers concernés.

Beaucoup de cynisme dans la politique du Gouvernement qui culpabilise les automobilistes, leur faisant porter une responsabilité écologique majeure, sans leur donner d’alternative crédible et véritablement accessible à tous, et « en même temps », en faisant oublier que d’autres sources de pollution, thermiques notamment sur les logements, constituent une part majoritaire de la pollution.

Sur ce dernier point, le Gouvernement a même diminué dès l’année dernière les dépenses éligibles au Crédit d’Impôt Transition Écologique, pour une meilleure isolation de son logement…

Quelle cohérence ? Quelle crédibilité de la parole publique ?

Si l’enjeu était vraiment la transition écologique, alors les nouvelles recettes fiscales engendrées par la hausse des carburants seraient réaffectées à des projets écologiques ou serviraient à aider vraiment nos concitoyens à changer de véhicule et à accompagner les travaux d’isolation.

Seulement 1/4 des recettes issues de l’augmentation du carburant ira à la transition écologique…

En montagne, pas de vélo possible pour les déplacements quotidiens, pas de métro et les transports en commun nécessitent un minimum d’usagers pour pouvoir être mis en œuvre, ce qui est parfois compliqué dans les territoires ruraux où les villages sont éloignés et peu densément peuplés.

Pour l’heure la voiture reste un outil de déplacement vital ! À moins que le Gouvernement fasse passer l’aide à la conversion à 10 000 euros, je ne vois pas comment les Français vont passer à l’électrique avec une prime de 2 000 euros (sachant que la Zoé est à 17 000 euros).

Et pendant ce temps, on diminue le nombre de trains et l’on ferme les gares…

Retrouvez mon analyse sur les effets du budget 2019 sur la baisse de pouvoir d’achat.