Réaction d’Emilie Bonnivard au projet d’école de Millî Görüs à Albertville

Lorsque j’ai appris ce projet d’école hors contrat, finalement impossible à arrêter avec notre droit actuel, j’ai été profondément inquiète et solidaire du Maire d’Albertville, face à cette situation invraisemblable.
Nous avons examiné en première lecture, il y a quelques semaines, un projet de loi pour lutter contre le séparatisme, et plus particulièrement le séparatisme islamiste. Je n’ai pas voté ce texte, car justement, selon moi, il ne nous donnait pas suffisamment les moyens de lutter contre ce risque majeur. La réalité m’a donné raison et les événements à Albertville ont poussé le Ministre Darmanin à déposer un amendement gouvernemental au texte alors qu’il est en examen au Sénat pour ne pas laisser les élus locaux démunis face à ces graves problèmes. L’amendement permettra aux Préfets d’interdire l’ouverture d’écoles hors contrats sous influence étrangère.

Car ne nous y trompons pas. Pour moi, la question de cette école ne se situe absolument pas dans le champ de la liberté de culte des musulmans. Cette liberté est fondamentale en France, et je respecte absolument toutes les confessions, qui ont le droit d’exercer leur culte, dans le respect des principes fondamentaux de notre République.

Et c’est bien là que le bât blesse pour ce projet porté par une association qui refuse de signer la charte des principes de l’Islam de France, c’est-à-dire de reconnaitre que les lois qui prévalent en matière d’organisation de notre vie collective et sociale, sont les lois et principes de notre République : liberté, égalité, fraternité, égalité entre les femmes et les hommes, etc. La conséquence est de soustraire, dans le cadre de cette école, les jeunes Français de confession musulmane, aux enseignements fondamentaux des principes de la République française.

Le projet est en outre inquiétant par son ampleur, au cœur d’un quartier déjà difficile d’Albertville, puisqu’il s’agirait d’une école avec une capacité de 400 élèves, soit 1/4 des enfants de la ville, etc. Vue la situation dans laquelle se trouve notre pays, a-t-on vraiment besoin de cela ? Certainement pas.

Nous avons besoin de renforcer la cohésion entre les Français, qu’ils se retrouvent sur ces valeurs communes, pour faire corps, et ce quelle que soit leur confession, car nous partageons le même destin, nous partageons le même système de solidarité. La règle de base, c’est donc d’en accepter les règles. Il est urgent de resserrer les liens entre les jeunes Français, de toutes confessions, et non de les séparer.

Le culte peut s’exercer dans la sphère privée et l’enseignement religieux, hors de l’école, dans les lieux de culte. On ne prive personne de rien. L’enseignement privé est possible, mais il ne doit pas conduire à des dérives.

Refusant d’accepter la primauté de ces règles de la République dans l’organisation sociale, l’association se met elle-même hors de nos principes, donc pour moi il n’y a pas de sujet. Il ne peut y avoir d’école. C’est assez simple, et cela n’a rien à voir avec la religion. Il s’agit de politique, d’un Islam politique, instrumentalisé par une puissance étrangère, fragilisant la cohésion sociale entre les Français de différentes confessions.

Le piège est celui-ci : que les Français de confession musulmane se sentent exclus parce que cette école n’est pas acceptée. Que les Français d’autres confessions soient en colère et rejettent la faute sur nos compatriotes de confession musulmane. L’objectif est bien de créer la division et la scission. Ne tombons pas dans ce piège. Restons unis.